LES ÉCHOS DE LA PRESSE         

 

  Le Soleil                      (Québec, février 2004)
  Le Droit                       (Québec, Aylmer février 2003)
  Chorus  n° 41 
              Automne 2002 
  Le Républicain Lorrain  12/05/02
  Une autre chanson         bimestriel n° 93 janvier-février 2002
  
La Riviéra                               ( Suisse,  5/11/99)

LE SOLEIL  (février 2004, rubrique "Arts et vie")

Le jeudi 5 février, aux Oiseaux de passage, à Québec.

Article de Valérie Lesage.

"BRUNO BREL, AUTHENTIQUE, INTENSE ET PROFOND"
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LE DROIT  (février 2003, rubrique "Les arts")

Le vendredi 14 février, au cours d'une tournée au Québec, au Centre Culturel d'Aylmer.

"BRUNO BREL DANS LE RING"      
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CHORUS      LES CAHIERS DE LA CHANSON    N° 41  Automne 2002        ( Du 21 septembre au 20 décembre)
 disques

MOITIÉ BRUNO MOITIÉ BREL

     Bruno Brel s'était jusqu'alors refusé à chanter les chansons de son oncle Jacques... Il faut dire que la similitude de timbre est difficile à assumer face aux critiques avides de méchanceté et que beaucoup se sont abîmés au passage sur l'écueil d'Amsterdam. Mais sans doute lassé, depuis vingt ans, des demandes pressantes de son public ou, peut-être, curieux de relever le défi, il a finalement franchi le Rubicon. Démarche d'autant plus courageuse que Bruno alterne avec ses propres chansons - dont certaines anciennes réenregistrées pour l'occasion - et qu'il s'expose aux comparaisons malveillantes... Eh bien, disons-le tout net, la cohabitation fonctionne !
     L'écriture brélienne n'exclut pas, au milieu de tournures fulgurantes, quelques maladresses que l'interprétation rend souvent plus touchantes. Et le neveu a baigné dedans tout petit. On peut avoir pires influences. Dans la forme, " Tu étais toute nue " est à rapprocher de chansons comme " Le Lion " ou même " Zangra ". "Le Chef de gare " pourrait faire partie de la galerie de portraits que l'on rencontre dans " Le Cheval ", " Le gaz " ou " Les Remparts de Varsovie ".
     Si l'on veut bien laisser un instant de côté le fantôme du monstre sacré et tenter une écoute objective, on reconnaît un réel talent, émouvant et sans démesure; Bruno manie la plume avec une élégance sensible qui n'a rien à envier à l'idole avunculaire : qu'il se laisse aller à la mélancolie de " Cherbourg ": " Finir de vivre, finir d'aimer / fermer le livre le cœur fané ", ou qu'il évoque dans " Le Vent des dunes " les tombes de ces soldats " qui n'ont jamais vraiment compris / ces pluies de feu ces pluies de fer / et pourquoi eux, pourquoi ici ? "

Présentation du CD

     Un air de famille dans la manière de chanter les chansons de l'un ou l'autre et les arrangements raffinés où dominent les cordes, faisant oublier l'emphase des années 60, donnent à ce disque une unité de ton. Le plaisir de franchir en un pas le temps qui les sépare justifie la rencontre entre Brel et Bruno.

Michel Trihoreau

 

www.chorus-chanson.fr

 

 

 

 

À l'occasion du 30éme anniversaire du Centre Culturel Jacques Brel de Thionville, le 11 mai 2002...

 (Dimanche 12 mai 2002)

 

 

   Hier soir, ce concert, c'était comme un cadeau. Le cadeau d'une machine à remonter le temps, d'une machine à faire rejouer Brel et à raviver les émotions. Mich', la blonde hollandaise vive comme le vent, feu follet capable d'entrer de plein pied dans la Valse à trois temps a véritablement conquis son public. Brel, dans sa bouche, dans son jeu de scène où les bras deviennent acteurs jouait d'enthousiasme.
     Dans la foulée, Bruno Brel a fait plus qu'étonner. Il est tellement Jacques. Voix, gestuelle, moindre détail... Tout y est. Tant et si bien que lorsque Bruno chante Bruno, on s'interroge. Y'a rien à faire, c'est du Brel. Et ça tombait bien, puisqu' hier soir au théâtre, c'était la Fête à Brel. Le théâtre était quasiment plein et les tonnerres d'applaudissements devenaient gages de plaisir.
  Car Mich' comme Bruno Brel ont diffusé du bonheur à portée de main. Avec des frissons en plus et de l'émotion à revendre. Le public, d'ailleurs, était bien décidé à rester. Quoi de mieux, alors, que ce final en duo, les musiciens - hommes de l'ombre mais combien présents - des deux artistes sur la même scène. Flamboyante dans son tailleur rouge, Mich' a donné la réplique en flamand. Bruno, lui, avait lancé les trois coups de Marieke. Quatre trop courtes minutes de pure merveille... Tous en auraient bien repris un peu.

       

 

 

 

 

Une autre chanson  ( bimensuel n° 93 janvier-février 2002 )

Moitié Bruno
moitié Brel

Bon sang ne peut mentir...

     Annoncé depuis quelques temps déjà, voici enfin le nouvel album de Bruno Brel proposant de manière alternée et à parts égales, comme son titre – moitié Bruno moitié Brel –  l'indique justement, sept titres écrits et composés par Bruno et sept titres de Jacques Brel. C'est un pari audacieux et risqué que de reprendre des chansons aussi célèbres qu'Amsterdam, Les Vieux, Madeleine ou Les Bourgeois car la comparaison avec l'oncle est inévitable. Comparaison à hauts risques s'il en est, d'autant plus que les interprétations originales sont, et c'est un doux euphémisme, habitées par l'engagement physique du Grand Jacques. J'ignore à quoi tient cette prouesse, mais Bruno Brel réussit le tour de force d'être tout à la fois proche de son aîné et parfaitement singulier. Certaines intonations peuvent être qualifiées de "familiales" tant elles sont communes aux deux chanteurs, il en va de même pour cette façon de vivre et d'habiter pleinement ses interprétations. Ici doit résider l'explication de l'intense émotion ressentie par les auditeurs lors des récitals de Bruno Brel. Mais l'écoute attentive de ces reprises montre à l'évidence qu'il ne s'agit pas de pâles copies de l'illustre modèle mais de réelles et sincères interprétations.

   

     Le tour de force est double car le voisinage des chansons des deux Brel ne dessert en aucune manière le benjamin avec des titres comme Cherbourg ( "Vingt ans d'amour sont morts un soir / C'est à Cherbourg où par hasard / Le monde entier est devenu trop lourd" ), La seule femme que j'aimais ( "La seule femme que j'aimais / A maintenant les cheveux blancs / Elle est plus belle que jamais / Et je suis toujours son enfant" ), Le Vent des dunes ( "J'aime le vent des dunes / Qui souffle sur la Picardie / Lorsque l'aube rallume / De sillons d'or les étangs gris" ) ou L'Oiseau blessé ( "Tu sais l'oiseau faut pas partir / J'ai tellement de choses à t'offrir / Qu'est ce que j'vais faire de ma tendresse / Si tu ne me tiens plus en laisse" ).


     Une bien belle carte de visite pour Bruno Brel qui donnera à ceux qui auront acquis ce nouveau disque l'envie d'aller l'écouter sur scène, là où il peut donner la pleine mesure de son talent. Si Allain Leprest a naguère écrit que "tous les proverbes nous emmerdent" (pour le CD Les Ailes de Jehan), a contrario, ce nouvel opus de Bruno Brel témoigne que " bon sang ne saurait mentir "!

Ghislain DEBAILLEUL

       

 

 

 

 

 

LA RIVIERA     5 novembre 1999
Bruno Brel chante au Théâtre de Poche à Vevey
Une folle générosité partagée

     Bruno Brel, on le découvrait il y a quelques années dans la Nuit des Poètes. Il chantait ses chansons. Revenu pour deux soirs à Vevey, il reprend sur ses larges épaules un peu de l'héritage d'oncle Jacques. Lorsqu'il se jette sur la scène en criant Amsterdam, il y a un moment de stupeur. La voix, la diction, la véhémence, jusqu'aux gestes rappellent irrésistiblement Jacques. Ça fait mal et bien en même temps. S'apercevant que des chanteurs français se mettent à chanter Jacques Brel, Bruno a trouvé que c'était son tour. Une carrure de lutteur, sous une tête bouclée, il fonce, authentique sans essayer d'être l'autre, mais habité par ses mots, sa tendresse, ses formidables révoltes, son humour masquant mal la déroute.
     Après Amsterdam, ce sont Les Vieux et leur pendule d'argent qui nous attend. Et c'est ensuite que Bruno nous surprend avec un Oiseau blessé aux mains d'un amoureux floué, cousin de celui qui attendait Madeleine, et petit frère de l'autre soupirant "je ne vais plus pleurer". On reste en famille et pourtant cela sonne parfaitement juste, comme lorsqu'on fait fructifier un héritage. La cruauté de Ces gens-là rebondit sans un pli sur les malheurs du Chef de Gare et l'on commence à tirer son chapeau sur le savant tricotage de l'oncle et du neveu.

 

 

LA GUERRE ET LES MÈRES

     Installé sur la Côte d'Opale en France, Bruno sent souffler le vent des dunes de Normandie et de Picardie où dorment tant de combattants de guerres imbéciles. La poésie et la rage se partagent cette voix arrachée des entrailles, si intelligemment accompagnée au piano de Willy Mortier. Une transition de tendre ironie chez Les Timides avant deux merveilleuses chansons d'amour à la mère que l'enfant console d'un mari volage et mauvais, cette mère qui sut, de contes et de poèmes enchanter son enfance d'écolier "premier des derniers". L'amour déchiré, l'amitié, la révolte dans l'émouvante complicité des Brel, réunis dans une seule énergie, vous empoignent par leur folle générosité.

MIREILLE SCHNORF