| Les
soirs où tu sens les noisettes
T'es belle comme un bandonéon
Et je t'aime à fond les manettes
À fond les ballons
Y a des
matins, tu sens les cendres
Et puis la flotte qu'est tombée dessus
Alors là, je t'aime à pierre fendre
À bride abattue
À
des moments, tu sens les sous-bois
La bicyclette neuve, le beurre frais
Là, je pourrais faire n'importe quoi
Mais c'est toi qui l' fais
Et tout
d'un coup tu sens la mousse
Et le bouchon d'un vin nouveau
Et je t'aime à la va comme je te pousse
À tire-larigot
Si tu veux
que je t'aime comme il faut
T'as qu'à sentir les haricots (cuits)
Si tu veux pas que je t'aime comme un con
T'as qu'à pas sentir aussi bon |
Si
tu veux que je t'aime poliment
Il faut pas sentir la jument
Le soleil, le sel, le hareng
Le gravier, les vieux papiers
Les apparts
après les vacances
Les cur de salade
La pâte d'amande
Le bois tout neuf pour une charpente
Tu sais, les chevrons à poser, la sciure,
L'huile de tronçonneuse et tout le bataclan
Le maïs, la saucisse, le pain d'épice
Tu sens
la pluie qui s'amène, le matin
Les toutes premières gouttes sur un chemin
Les après-midi vers les blés
Le pinard et les nouveau-nés
J'y peux
rien si tu sens la vie
Et toutes ces conneries
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