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Je vous vois venir...
à ce qu'il faut bien considérer comme un spectacle de chanson
française de qualité, et il y doit y avoir en gros
trois types de spectateurs, parmi lesquels vous vous reconnaîtrez
facilement :
Tout d'abord
il y a ceux qui, au cours du spectacle, vont avoir de plus en plus envie
de coucher avec moi. Par commodité, nous les appellerons les spectatrices.
Ensuite, il
y a ceux qui sont venu avec les spectatrices. Par lucidité, nous
les appellerons ceux qui s'emmerdent, et qu'ils se rassurent, je ne leur
en veux pas du tout, si c'était que ça, je ne serais pas
là non plus.
Et enfin, il
y a ceux qui considèrent qu'il n'y a pas que le sexe dans la vie,
mais quoi d'autre, me direz-vous, et c'est ce
qu'ils vont essayer de trouver ce soir entre les lignes, et nous leur
souhaitons bonne chance, et en toute logique, nous les appellerons les
institutrices centre-gauche Tupperware.
Comme mon honnêteté
foncière me force à reconnaître qu'il y a pour finir
assez peu de gens qui veulent coucher avec moi et que je n'ai pas grand
chose à foutre de l'opinion des Tupperware, je devrais en principe
faire un spectacle pour le gros tas des obsédés sexuels
qui s'emmerdent, c'est à dire un spectacle avec des lumières
clinquantes et des décolletés profonds. Comme je n'ai pas
encore ni les budgets pour les lumières, ni les nichons pour les
décolletés, nous n'allons pas procéder de cette manière.
Pour
les spectatrices, je vais me placer tout à fait volontairement
seul au milieu de la scène, ayant noté que les musiciens
que j'ai mis au chômage avaient tendance à me casser mes
coups, en faisant les pitres aux moments les plus torrides.
Pour les institutrices,
je vais m'efforcer de faire un spectacle peu bruyant, de manière
que si elles restent insensibles à la lascivité générale
de ma prestation, du moins le texte ne leur en échappe pas, au
cas où elles y trouveraient quelque chose.
Et pour éviter
de voir s'assoupir ceux qui s'emmerdent, ce qui fait toujours mauvais
genre, je vais saupoudrer le spectacle de quelques grossièretés.
Ça réveille, et ça mange pas de foin.
S'il devait
y avoir, en plus de ces trois catégories de spectateurs, ce journaliste
lausannois, vous savez, et je ne parle pas de Jean Ellgass, je ne parle
jamais de Jean Ellgass, je suis évidemment navré de l'impression
que je vais lui faire, mais vous tomberez d'accord avec moi que ça
n'a vraiment pas la moindre importance.
En voiture
Simone.
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